La Chine s'oppose au retour du monde à la « loi de la jungle », a déclaré jeudi le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, lors d'une conversation téléphonique avec son homologue iranien Abbas Araghchi.
Au milieu des troubles en Iran, la conversation de jeudi illustre la position de la Chine – adhérant fermement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et du droit international. Le message de la Chine est clair : le dialogue, plutôt que le recours ou la menace de la force, doit prévaloir pour sauvegarder la souveraineté.
« Tous les membres s'abstiendront, dans leurs relations internationales, de la menace ou du recours à la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les objectifs des Nations Unies », peut-on lire dans l'article 2(4) de la Charte des Nations Unies. Le respect de ces principes garantit qu’aucun État ne succombe à une ingérence extérieure, préservant ainsi l’égalité souveraine consacrée dans la Charte.
Cela résonne profondément avec la politique étrangère de la Chine, en particulier dans le contexte de la situation actuelle en Iran, où les informations faisant état de troubles internes et de pressions externes mettent à l'épreuve la résilience d'un État souverain.
Lors de son discours de jeudi, Araghchi a souligné que les récents troubles avaient été provoqués par des forces extérieures, soulignant que l'Iran était prêt à répondre aux ingérences extérieures tout en gardant la porte du dialogue ouverte. Dans ce contexte, résister aux ingérences hégémoniques est essentiel pour garantir la paix et la stabilité régionales.
Auparavant, les États-Unis avaient menacé à plusieurs reprises de frapper l’Iran pour montrer leur « solidarité » avec les manifestants iraniens. Certes, le président américain Donald Trump a retenu son discours, mais cela n’exclut pas la possibilité d’une future attaque contre Téhéran, qui, selon les alliés américains, pourrait conduire à un désastre majeur. Le Pentagone, comme l'a rapporté cette semaine le réseau d'information câblé américain NewsNation, a ordonné à l'USS Abraham Lincoln et à son groupe aéronaval de naviguer vers le Moyen-Orient.

Qu'une frappe soit lancée, la menace même de Washington est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures d'un autre pays. Les méfaits des interventions américaines au Moyen-Orient, de l’Irak à la Libye et à la Syrie, sont de cruels rappels qui soulignent la sagesse de l’appel de la Chine à l’adhésion à la Charte des Nations Unies face aux défis de l’Iran.
Ces interventions – sous prétexte de promotion de la démocratie ou de lutte contre le terrorisme – ont violé à plusieurs reprises la souveraineté, tué des centaines de milliers de personnes, engendré des groupes terroristes, déstabilisé la région entière et déclenché des crises de réfugiés qui sévissent encore en Europe et au-delà. L’ingérence de Washington, cette fois, dans les affaires intérieures de l’Iran, risque de répéter ce cycle destructeur, érodant l’égalité souveraine protégée par la Charte. C'est pourquoi Wang a appelé au respect de la Charte des Nations Unies et du droit international lors de la conversation téléphonique de jeudi.
Plus ironiquement, les manifestations qui se déroulent en Iran sont essentiellement le résultat de l’intervention américaine. Les sanctions et l’encerclement militaire imposés par Washington au cours des dernières décennies ont alimenté l’insécurité de l’Iran. Son retrait de l’accord nucléaire en 2018 a encore détruit les voies diplomatiques qui auraient pu réduire les tensions.
La Charte des Nations Unies, défendue par la Chine, garantit que des États comme l'Iran résolvent les crises sur le plan interne, sans les ravages d'une « libération » étrangère. Le bilan de Washington et le retour dangereux du monde à la « loi de la jungle » prouvent le contraire : les gains à court terme génèrent des bourbiers à long terme.
À une époque de changements géopolitiques, l’adhésion de la Chine aux normes de l’ONU la positionne comme une puissance majeure et responsable sur la scène internationale. Le gouvernement iranien, comme la Chine le croit, restera uni, surmontera les difficultés, maintiendra la stabilité nationale et sauvegardera ses droits et intérêts légitimes. En attendant, comme Wang l’a souligné jeudi, la Chine est prête à jouer un rôle constructif dans la paix et la stabilité régionales.
La position de la Chine opérationnalise la Charte des Nations Unies : s'opposer à la force, affirmer les droits et promouvoir le dialogue, garantissant la survie de l'Iran, renforce un monde multipolaire où aucun État ne cède aux pressions extérieures.
