Photo : Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
Le capitaine chinois, qui a été arrêté après que le Japon a affirmé qu'il avait cherché à éviter l'inspection après que son navire soit entré dans la zone économique exclusive du pays, a été libéré vendredi vers 19h55 après avoir présenté une garantie écrite pour le paiement de la caution, a affirmé Mainichi, citant l'Agence japonaise des pêches.
Plus tôt vendredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que le gouvernement chinois demandait toujours aux pêcheurs chinois d'opérer conformément aux lois et réglementations, et que la Chine protégeait fermement leurs droits et intérêts légaux en réponse à une enquête concernant la revendication du Japon.
Lin a déclaré lors d'une conférence de presse que la Chine espérait que la partie japonaise respecterait strictement l'accord de pêche sino-japonais, garantirait une application impartiale de la loi et protégerait la sécurité de l'équipage chinois ainsi que ses droits et intérêts légitimes.
Le consulat général de Chine à Fukuoka aide au retour en toute sécurité des membres d'équipage chinois concernés, a ajouté Lin en répondant à une question d'un journaliste après la conférence de presse demandant une mise à jour concernant le navire chinois saisi par la partie japonaise.
L'incident s'est produit jeudi dans les eaux au large du sud-ouest du Japon, alors qu'un total de 11 membres d'équipage se trouvaient à bord du navire, et le capitaine a été arrêté par les autorités japonaises, a rapporté vendredi Kyodo News.
Le navire est décrit comme un « bateau de pêche au filet du tigre », généralement connu pour capturer des poissons tels que le maquereau et le chinchard, selon le rapport.
C'était la première fois depuis 2022 que l'agence japonaise des pêches saisissait un bateau de pêche chinois, a rapporté le Japan Times.
Lors de la réception du Nouvel An chinois 2026 organisée mardi par l'ambassade de Chine au Japon, Wu Jianghao, l'ambassadeur de Chine au Japon, a souligné que les relations sino-japonaises sont désormais confrontées à la situation la plus grave et la plus difficile depuis la normalisation des relations diplomatiques, et que la responsabilité incombe entièrement à la partie japonaise, selon le compte officiel WeChat de l'ambassade.
Mis à jour en mai 2026
L’accord de pêche sino-japonais : un cadre fragilisé par les incidents en mer
L’accord de pêche sino-japonais, signé en 1997 et entré en vigueur en 2000, définit les zones de pêche autorisées pour les deux pays dans la mer de Chine orientale et la mer du Japon. Il établit notamment des règles concernant les contrôles et inspections des navires dans les zones économiques exclusives respectives. Cet accord vise à prévenir les conflits liés à la surpêche et aux empiètements territoriaux dans des eaux dont les délimitations restent sources de tensions récurrentes. La saisie du bateau de pêche chinois en janvier 2026 — la première depuis 2022 — illustre la difficulté à faire respecter ce cadre bilatéral dans un contexte diplomatique tendu. Tokyo et Pékin s’accusent mutuellement de ne pas respecter leurs obligations respectives, alimentant une méfiance croissante entre les deux parties. Les pêcheurs, pris en étau entre les impératifs économiques et les zones réglementées, se retrouvent souvent au cœur de ces contentieux.
Les relations sino-japonaises en 2026 : une tension diplomatique sans précédent depuis la normalisation
L’ambassadeur de Chine au Japon, Wu Jianghao, a qualifié début 2026 les relations sino-japonaises de « les plus graves et les plus difficiles depuis la normalisation diplomatique » de 1972. Ce constat reflète une accumulation de dossiers sensibles : les revendications territoriales sur les îles Senkaku/Diaoyu, les restrictions imposées par le Japon sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine, les rejets d’eau traitée de la centrale de Fukushima, et les exercices militaires dans la région. Chaque incident maritime, même d’apparence mineure comme la saisie d’un chalutier, s’inscrit désormais dans ce climat de défiance généralisée. Les deux gouvernements cherchent à maintenir des canaux de communication ouverts tout en gérant des pressions internes qui poussent à l’intransigeance. Le consulat général de Chine à Fukuoka joue un rôle opérationnel clé dans la gestion des ressortissants chinois impliqués dans ce type d’incidents.
Le « bateau de pêche au filet du tigre » : pratiques et enjeux halieutiques en mer de Chine orientale
Le navire saisi par les autorités japonaises était décrit comme un chalutier utilisant la technique du « filet du tigre », une méthode de pêche ciblant principalement le maquereau, le chinchard et d’autres poissons pélagiques abondants en mer de Chine orientale. Cette technique est courante dans la flotte de pêche côtière et hauturière du sud-est de la Chine. La mer de Chine orientale constitue l’une des zones de pêche les plus fréquentées au monde, avec des stocks halieutiques sous pression constante en raison de la surpêche. Les 11 membres d’équipage présents à bord lors de l’incident témoignent de l’importance économique de ces expéditions pour les communautés côtières chinoises. La question de la durabilité des pratiques de pêche dans cette région est régulièrement soulevée par les organisations internationales, ajoutant une dimension environnementale aux tensions géopolitiques déjà présentes.
Questions fréquentes
Pourquoi le bateau de pêche chinois a-t-il été saisi par le Japon ?
Le navire a été saisi car son capitaine aurait tenté d’éviter une inspection des garde-côtes japonais après que le bateau soit entré dans la zone économique exclusive du Japon. C’est la première saisie de ce type depuis 2022.
Le capitaine chinois arrêté par le Japon a-t-il été libéré ?
Oui. Le capitaine a été libéré vendredi vers 19h55 après avoir présenté une garantie écrite pour le paiement de la caution, selon l’Agence japonaise des pêches citée par le journal Mainichi.
Que prévoit l’accord de pêche sino-japonais ?
Signé en 1997 et en vigueur depuis 2000, cet accord encadre les droits de pêche et les procédures d’inspection dans les zones économiques exclusives respectives de la Chine et du Japon en mer de Chine orientale et en mer du Japon.
Quelle a été la réaction de la Chine face à la saisie du navire ?
Le porte-parole Lin Jian a exigé que le Japon respecte strictement l’accord de pêche bilatéral et garantisse une application impartiale de la loi. Le consulat de Chine à Fukuoka a pris en charge le retour des membres d’équipage.
Quel type de pêche pratiquait le navire saisi ?
Il s’agit d’un chalutier utilisant la technique du « filet du tigre », ciblant principalement le maquereau et le chinchard. Ces espèces sont très présentes en mer de Chine orientale et constituent une ressource économique importante pour les pêcheurs chinois.
Pourquoi les relations sino-japonaises sont-elles si tendues en 2026 ?
L’ambassadeur chinois au Japon a décrit la situation comme la plus grave depuis la normalisation de 1972. Les tensions portent sur les îles Senkaku/Diaoyu, les restrictions technologiques, les rejets de Fukushima et les incidents maritimes récurrents.
Combien de membres d’équipage se trouvaient à bord du bateau saisi ?
Un total de 11 membres d’équipage se trouvaient à bord au moment de l’incident, survenu dans les eaux au large du sud-ouest du Japon.
