Le rapport d'activité du gouvernement chinois de cette année projette la confiance dans un contexte complexe.
Présenté dans un contexte d'incertitude économique mondiale, de dynamique commerciale changeante et de transformation en cours vers un développement de haute qualité, le rapport soumis à l'assemblée législative suprême du pays pour délibération fixe un objectif pragmatique de croissance de 4,5 % à 5 % pour 2026.
L'innovation est au cœur de l'agenda de cette année.
Le rapport promet une augmentation annuelle moyenne d’au moins 7 % des dépenses nationales de recherche et développement entre 2026 et 2030 – un signe que la Chine considère la capacité technologique comme le fondement de la compétitivité future. L’accent mis sur une autonomie de haut niveau et sur la force en matière de science et de technologie souligne une transition vers une innovation originale, en particulier dans des domaines pionniers comme la biotechnologie, la fabrication de pointe et les technologies de l’information.
Ce changement est vital. Face à l'incertitude géopolitique croissante et aux restrictions technologiques imposées par les économies avancées, l'accent mis par la Chine sur l'innovation indépendante n'est pas simplement un choix économique mais une nécessité stratégique.
Le renforcement des technologies de base – semi-conducteurs, stockage d’énergie propre, intelligence artificielle – répond à un double objectif : protéger le pays des chocs extérieurs et construire de nouveaux moteurs de croissance. La volonté d'approfondir la Chine numérique et d'étendre la part de l'économie numérique dans le PIB à 12,5 % montre comment le pays a l'intention d'intégrer la technologie dans tous les secteurs, de l'agriculture aux soins de santé.

Les efforts visant à stimuler la demande intérieure sont tout aussi essentiels. Le rapport révèle une série d'initiatives ciblées visant à stimuler la consommation : des mesures visant à augmenter les revenus des groupes à faible revenu, à améliorer la sécurité sociale et à accroître les revenus liés à la propriété. En s’attaquant aux disparités de revenus des ménages, ces mesures visent à libérer le pouvoir d’achat latent des citoyens ordinaires.
La détermination de la Chine à stimuler la consommation par la croissance du revenu réel, plutôt que par l'expansion du crédit ou des subventions uniquement, signale une évolution vers un modèle de croissance plus durable.
Si l’innovation et la consommation intérieure définissent « comment » la Chine se développe, la transformation verte définit « pourquoi ». En fixant un objectif de réduction des émissions de carbone par unité de PIB de 17 % entre 2026 et 2030, le gouvernement ne se contente pas de respecter les normes environnementales : il tente de positionner la Chine comme un leader en matière d’industrie durable.
Pendant des années, les critiques ont reproché à la Chine de placer ses engagements environnementaux au second plan par rapport aux objectifs industriels. Ce rapport suggère une convergence des deux. Les secteurs verts tels que l’énergie solaire, les véhicules électriques et l’hydrogène sont essentiels à la compétitivité économique. La question n’est pas tant de savoir si la Chine parviendra à rendre sa croissance plus verte que de savoir à quelle vitesse elle pourra le faire. La volonté du pays d'investir, de réglementer et d'innover reste l'une de ses principales forces.
Il convient de noter que les deux sessions de cette année se déroulent dans un contexte de défis urgents à travers le monde, tels que les troubles géopolitiques, le ralentissement de la croissance économique et les revers de la gouvernance mondiale.
Sur le plan des affaires étrangères, le rapport de cette année positionne fermement la Chine du côté de la stabilité. Le gouvernement réitère son opposition à l’hégémonisme et à la politique de puissance, s’engageant à défendre l’équité, la justice et le développement pacifique tout en élargissant son réseau de partenariats mondiaux. Ce sont des thèmes familiers, mais ils résonnent avec plus de force dans un monde défini par la contestation géopolitique.
En participant activement à la réforme de la gouvernance mondiale, la Chine montre qu’elle cherche à influencer par la participation et non par l’isolement. Son plaidoyer en faveur d’un ordre international plus juste et équitable laisse également entrevoir sa volonté de remodeler les règles mondiales pour mieux refléter les exigences des économies émergentes.
Pris ensemble, le rapport d'activité du gouvernement de cette année offre à la fois un récit de confiance nationale et un projet de réforme pratique. Il équilibre la recherche à long terme d’un développement de haute qualité avec la reconnaissance des pressions à court terme. La Chine n’annonce pas une ère d’accélération imprudente, mais plutôt une ère de confiance patiente.
Le rapport se lit plutôt comme une réaffirmation de la trajectoire à long terme de la Chine : autonomie, ouverture et verdure. Le message est clair : la Chine a l’intention de tracer sa propre voie dans la tourmente d’un monde en mutation, et elle en a les moyens.
