Un véhicule à énergie nouvelle Xiaomi YU7 est exposé lors d'un salon automobile à Jinan, dans la province du Shandong (est de la Chine), le 9 avril 2026. /VCG

Quatre ministères chinois ont convoqué un sommet conjoint à Pékin avec les principaux dirigeants des secteurs des véhicules et des batteries électriques pour faire face à la menace d'une concurrence de type « involution » – un nivellement par le bas destructeur dans lequel les entreprises se lancent dans une expansion irrationnelle de leurs capacités et dans des prix d'éviction qui érodent la rentabilité de l'ensemble du secteur.

La réunion, qui s'est tenue jeudi, a marqué un tournant décisif vers l'application des lois. Les régulateurs ont annoncé leur intention de mettre en œuvre un système d'alerte précoce en matière de capacité de production et une « liste négative » de comportements interdits.

Ces règles cibleront les offres anormalement basses, raccourciront les délais de paiement pour les fournisseurs pressés et intensifieront le contrôle de la qualité pour éviter les raccourcis en matière de sécurité. Les responsables ont notamment évoqué « l’involution externe », s’engageant à réglementer la manière dont les entreprises chinoises rivalisent sur les marchés étrangers comme l’Europe et l’Amérique du Nord afin d’atténuer les tensions commerciales.

Ce rassemblement marque la deuxième intervention de grande envergure en seulement trois mois, soulignant un sentiment d’urgence croissant. Les données de 2025 révèlent que même si les volumes de production ont augmenté, les bénéfices totaux ont diminué.

Les ministères ont également lancé un avertissement aux gouvernements locaux, exigeant la fin des subventions régionales excessives qui ont alimenté la construction d'usines.

Pour l’industrie, le message est clair : l’ère de l’expansion effrénée et alimentée par la dette est révolue. Les entreprises doivent désormais s’orienter vers la différenciation technologique et le profit réel.

Pour le marché mondial, ce changement de politique pourrait stabiliser les prix et réduire le nombre d’exportations à faible coût, ce qui pourrait atténuer les frictions commerciales mondiales.