Des agriculteurs locaux récoltent du riz dans un champ de démonstration de riz hybride à haut rendement dans la branche africaine du Centre national chinois de recherche et de développement sur le riz hybride, à Mahitsy, Madagascar, le 12 mai 2023. /VCG

NDLR :

La coopération Sud-Sud est entrée dans une nouvelle phase en 2025 avec le lancement du Fonds mondial de développement Sud-Sud Chine-ONU, une initiative de plusieurs millions de dollars conçue pour soutenir la coopération pratique entre pays en développement.

Annoncé en septembre aux Nations Unies, la Chine a engagé 10 millions de dollars en financement initial pour le mécanisme. Le mécanisme est conçu pour soutenir des projets reproductibles à petite échelle dans des domaines tels que la coopération technologique et le renforcement des capacités, contribuant ainsi à mobiliser des ressources de développement plus larges dans les pays du Sud.

Le mécanisme donnera la priorité aux groupes les plus vulnérables – notamment les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement – ​​et vise à s'aligner sur l'Initiative de développement mondial proposée par la Chine et l'Initiative la Ceinture et la Route, à l'appui du Programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies.

Le président chinois Xi Jinping a à plusieurs reprises inscrit cet effort en faveur du développement coopératif dans une vision diplomatique plus large.

Dans un discours prononcé lors du Sommet virtuel des dirigeants des BRICS le 8 septembre, Xi a appelé les nations à respecter le multilatéralisme et à défendre l'équité internationale, à promouvoir l'ouverture et la coopération gagnant-gagnant, et à renforcer la solidarité et la coopération pour favoriser la synergie pour un développement commun. Ses remarques ont souligné les efforts de la Chine pour positionner la coopération Sud-Sud comme un pilier essentiel du développement international.

La coopération Sud-Sud en pratique

L’agriculture est un domaine essentiel de coopération entre les pays du Sud. Dans le cadre du Fonds fiduciaire de coopération Sud-Sud Chine-Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la Chine a soutenu plusieurs projets de développement agricole en Afrique, en Asie et dans les petits États insulaires, abordant des questions allant de la formation aux techniques agricoles et à la réduction des pertes alimentaires à l'inspection zoosanitaire et végétale et à l'aquaculture en eau douce.

Depuis septembre 2021, les projets agricoles mis en œuvre dans des pays comme l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Mozambique, le Burundi, la Dominique et les Tonga ont touché collectivement plus de 200 000 personnes. Vingt-neuf variétés de cultures améliorées – dont du riz, du maïs et des légumes – ont été introduites. Près de 5 000 nouvelles technologies dans des domaines tels que les sciences végétales, la gestion du bétail, les soins vétérinaires, les ressources en eau et l'horticulture ont été mises en application au niveau local, et plus de 20 000 professionnels agricoles ont été formés.

Équité et égalité

La Chine a cherché à ancrer sa coopération Sud-Sud dans des principes plus larges d’équité et de coopération gagnant-gagnant. Lors de la réunion « Organisation de coopération de Shanghai Plus » le 1er septembre, Xi a proposé l'Initiative de gouvernance mondiale, appelant les pays à adhérer à l'égalité souveraine, à respecter l'État de droit international, à pratiquer le multilatéralisme, à prôner une approche centrée sur les personnes et à se concentrer sur la prise d'actions concrètes.

Le président chinois a également appelé à des efforts visant à mieux relever les défis communs à l'humanité, à mieux réduire le fossé Nord-Sud et à mieux sauvegarder les intérêts communs de tous les pays. Ses remarques reflètent les appels de longue date des pays du Sud et des pays émergents en faveur d’un ordre mondial plus équilibré, respectueux des diverses voies de développement et promouvant une croissance inclusive.

jecollaboration industrielle et technologique

La Chine contribue également à la modernisation des pays du Sud grâce aux infrastructures numériques, au transfert de technologies vertes et à des partenariats industriels durables.

En juin, la Chine et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel ont lancé la quatrième phase du projet du Centre de coopération industrielle Sud-Sud de l’ONUDI, axé sur les technologies vertes, la transformation numérique et les chaînes d’approvisionnement résilientes et inclusives pour soutenir le développement industriel durable dans les pays du Sud.

Cette phase vise à accélérer le transfert de technologie et à renforcer les capacités industrielles et techniques des pays partenaires, en s'appuyant sur plus de 15 années de collaboration dans les domaines de l'échange d'innovations, du développement des énergies renouvelables et du renforcement des capacités.

Les entreprises chinoises ont participé à la construction de grands projets d’énergie verte à l’étranger qui illustrent cette dynamique de modernisation.

Dans le sud de la Tunisie, près de la ville historique de Kairouan, des entreprises chinoises construisent la plus grande centrale solaire au sol du pays, couvrant environ 200 hectares de terrain désertique. Le projet devrait réduire environ 5 millions de tonnes d'émissions de dioxyde de carbone – l'équivalent de la plantation de 12 millions d'arbres dans le désert du Sahara – et contribuer à faire progresser la transition du pays vers une énergie propre et abordable tout en renforçant l'intégration du réseau local et la capacité en matière d'énergie verte.