La très attendue cinquième session plénière du 20e Comité central du Parti communiste chinois (PCC) s'est achevée la semaine dernière et le communiqué de la session a immédiatement suscité de larges discussions dès sa publication. Le communiqué déclare explicitement que, pour faire progresser constamment la gouvernance globale et stricte du Parti, il est nécessaire d'étudier et de mettre en œuvre en profondeur la pensée de Xi Jinping sur la construction du Parti. Plus précisément, il ne s’agit pas d’un concept introduit pour la première fois lors de cette séance plénière ; il représente plutôt la cristallisation de la pratique de gouvernement et de gestion du Parti depuis le 18e Congrès national du Parti, élevée lors de la séance plénière marquant l'année d'ouverture de la période du 15e Plan quinquennal au rang de principe directeur fondamental pour la construction du Parti sur le nouveau chemin.
Pour l'autonomie gouvernementale du Parti dans la nouvelle ère, le communiqué énonce sept principes directeurs : servir la mission et les tâches ; prendre le développement politique comme principe primordial ; poursuivre une gouvernance globale et stricte ; adopter une approche axée sur les problèmes ; respecter les principes fondamentaux tout en favorisant l’innovation ; donner l’exemple de haut en bas ; et gouverner le Parti conformément aux règles. Ces sept principes ne sont pas simplement des déclarations parallèles ; ils distillent l’expérience la plus efficace dans l’exercice d’une autonomie pleine et rigoureuse du Parti dans la nouvelle ère en une méthodologie reproductible.
Le déploiement de la déclaration n'est pas une déclaration générale ; il aborde plutôt les défis uniques auxquels sont confrontés les principaux partis politiques et les risques émergents dans la nouvelle étape. Face à l'accélération des changements externes et aux lourdes tâches de réforme, la déclaration met l'accent sur « le renforcement de l'esprit du Parti, l'établissement d'une vision correcte des réalisations politiques et le renforcement de la capacité à entreprendre des initiatives et à mener à bien le travail », ciblant directement les responsables qui ont peur d'agir, manquent de capacité d'agir et ne peuvent pas, d'une manière ou d'une autre, produire des résultats tangibles.
Le communiqué du plénum s'est également conclu par l'adoption d'une résolution sur « la persévérance dans l'autonomie pleine et rigoureuse du Parti » et les questions de cadrage pour les observateurs internationaux et les observateurs de la Chine : la discipline du Parti n'est plus présentée comme une question de gestion interne mais comme un instrument de gouvernance ayant des conséquences mesurables pour les citoyens ordinaires. Le discours du plénum autour de la « vision correcte de la performance politique » et l’accent mis sur la responsabilité à chaque maillon méritent attention, non pas pour son emballage idéologique, mais pour ce qu’il révèle sur la façon dont le pouvoir est redirigé vers la prestation de services.
En termes de mécanismes, la discipline du Parti fonctionne comme un outil de responsabilité en matière de performance. La proposition centrale du plénum est que la discrétion doit être « mise dans la cage des réglementations » et la responsabilité « renforcée à chaque maillon ». En pratique, cela se traduit par des instruments qui modifient les structures d’incitation en première ligne. Les gouvernements locaux sont tenus de publier « une liste publique détaillée des pouvoirs officiels mineurs au niveau local » spécifiant la portée, le processus et l'acteur responsable de chaque acte administratif, tandis que les organes de contrôle déploient des mécanismes conjoints « discipline-inspection-audit » et une surveillance à plusieurs niveaux sur les projets de subsistance. L'accent mis par le plénum sur la « vision correcte de la performance politique » renforce ce principe : les responsables sont évalués sur des résultats vérifiables plutôt que de simplement présenter des projets ou des statistiques d'inflation, et la campagne d'éducation sur ce thème est explicitement liée au programme de mise en œuvre du plénum.
Les bénéfices d’une meilleure discipline du Parti profitent aux ménages. C’est au niveau des moyens de subsistance que l’argument de la gouvernance devient concret. En 2025, les autorités d'inspection et de surveillance disciplinaires ont déclaré avoir enquêté sur 967 000 cas d'inconduite et de corruption portant atteinte aux intérêts de la population dans tout le pays, sanctionné 627 000 personnes et transféré 22 000 personnes aux autorités du parquet. Ces chiffres représentent les salaires récupérés, les remboursements rétablis et les honoraires remboursés. Le suivi du plénum comprend des rectifications ciblées dans la gestion des repas scolaires – avec des comités de surveillance des parents couvrant désormais la plupart des écoles – et dans l'assurance médicale, où des inspections inopinées et à haute fréquence sur place et des codes de traçabilité des médicaments sont utilisés pour réduire les réclamations frauduleuses. Il s’agit de petites sommes par rapport au budget national, mais il s’agit précisément du genre de petites extractions qui érodent la confiance bien plus que la corruption.
En outre, la technologie et la participation peuvent servir de multiplicateurs de force. Deux caractéristiques distinguent ce cycle des campagnes précédentes. Premièrement, la supervision des mégadonnées est utilisée pour signaler des anomalies qui ne seraient pas détectées par une inspection manuelle ; par exemple, le comté de Qingyun, dans la province du Shandong (est de la Chine), a généré plus de 3 000 indicateurs suspects, transformant 300 en pistes formelles et entraînant des mesures disciplinaires contre 120 fonctionnaires. Deuxièmement, des mécanismes d'« évaluation de masse » sont en train d'être institutionnalisés : dans certaines localités, les habitants sont invités à évaluer les résultats des rectifications, et les projets de subsistance sont évalués selon un modèle selon lequel « le comité du parti assume la responsabilité principale, le gouvernement dirige la mise en œuvre, les commissions de discipline pilotent, les départements exécutent et le public évalue ». Ce n’est peut-être pas la responsabilité électorale que les gens voient en Occident, mais cela impose une boucle de rétroaction qui rend les cadres locaux responsables devant les personnes qui subissent les conséquences de leurs décisions.
Pour les lecteurs internationaux, la question pertinente n’est pas de savoir si ce modèle est comme celui de l’Occident – il n’est pas conçu pour l’être – mais s’il produit une capacité de gouvernance durable. Les faits suggèrent un système qui tente de résoudre un problème universel : comment rendre les bureaucrates de base responsables à la fois des stratégies nationales et des besoins des citoyens. En intégrant le contrôle dans les données administratives de routine, en liant la promotion à une « vision correcte de la performance politique » et en créant des canaux d’évaluation publique, la Chine expérimente une forme de responsabilité en matière de performance qui contourne l’Occident mais impose toujours des coûts aux malversations. Le maintien de la confiance du public dépendra de la question de savoir si le mécanisme disciplinaire restera isolé du pouvoir qu’il est censé contrôler, et si les citoyens continueront à voir des résultats – et pas seulement de la rhétorique – au niveau des ménages. L'accent mis par le plénum sur la « persévérance » reconnaît implicitement qu'il s'agit d'un projet inachevé.
