Helene Lemerle (left) at a hutong in Beijing. Photo: Courtesy of Helene

Hélène Lemerle (à gauche) dans un hutong à Pékin. Photo : Avec l’aimable autorisation d’Hélène

Note de l'éditeur :

Cette année marque le 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC) et l'année d'ouverture du 15e Plan quinquennal (2026-30). Une nouvelle année commence avec une nouvelle détermination et un nouvel élan. L'appel à « lutter pour nos rêves et notre bonheur, et transformer notre grande vision en belles réalités » continue d'inspirer l'action dans toute la Chine.

Dans la rubrique « Le Nouvel An en première ligne », les journalistes du Chine Direct se sont rendus sur le terrain pour constater la vitalité d'une vaste nation, voir ses montagnes et ses rivières en mouvement et ses champs en abondance, et écouter les histoires de personnes qui s'épanouissent dans leur vie et leur travail.

À travers ces histoires, la chronique cherche à présenter un portrait saisissant de la modernisation chinoise.

« Bonjour, j'aimerais acheter des pâtisseries en vrac. Avez-vous des saveurs cette année qui n'étaient pas disponibles l'année dernière ? »

« Oui, nous avons une saveur de datte rouge et d'igname de Chine. Ils ne sont vendus que sept jours avant la Fête du Printemps. »

Un dimanche matin, dans un magasin de la marque de boulangerie traditionnelle Daoxiangcun à Dongzhimen à Pékin, la Française Hélène Lemerle se penchait près du comptoir, son doigt posé sur une pâtisserie ornée d'un petit cheval. « Je vais en prendre un aussi. » Elle parlait couramment chinois, même avec un accent de Pékin.

Hélène, qui porte également son nom chinois Li Na, a déclaré qu'elle vivait dans les hutongs de Pékin depuis plus de 20 ans.

« C'est incroyablement calme et plein de chaleur », a-t-elle déclaré, racontant ses interactions quotidiennes avec ses voisins tout en se promenant dans les ruelles des cours aux carreaux bleus et aux briques grises.

« Parfois, j'étais surprise par le bruit des coups à la porte. Ensuite, j'ouvrais la porte et je trouvais un voisin tenant des raviolis ou des crêpes et disant : « Mange pendant qu'ils sont chauds ! » », a-t-elle mimé en ouvrant la porte, son rire réchauffant l'air frais de l'hiver.

En 1997, la Chine et la France ont signé une déclaration commune, faisant de la France le premier grand pays occidental à établir un partenariat complet avec la Chine. Les courants de l’histoire ont transformé la vie des gens ordinaires.

Cette année-là, Hélène participe à un programme d'échange étudiant Chine-France, séjournant dans sa famille d'accueil chinoise dirigée par Wang Jing. Cela marqua le début de sa connexion avec la Chine.

« Pour s'assurer que nous puissions faire une sieste dans la navette, la mère de Wang Jing se levait tôt chaque jour pour faire la queue pour nous asseoir. Cela me procure une sensation de chaleur intérieure rien que d'y penser. »

Pour Hélène, la Chine exerce un attrait unique. « C'est tellement vaste – plus de 17 fois la taille de la France ; tout ce que vous voyez est fascinant. » La culture chinoise, ajoute-t-elle, est tout à fait captivante : « C'est comme un énorme gâteau ; une fois que vous avez pris une bouchée, vous avez juste envie de continuer à manger. »

En 2002, après avoir terminé son programme d'échange et être revenue en France, Hélène décide de revenir à Pékin. Son projet initial était d'étudier pendant un an avant de rentrer chez elle pour enseigner le chinois. « Après cette année-là, je ne voulais plus partir. La Chine était tout simplement trop dynamique », a-t-elle noté.

Cette année-là, le PIB de la Chine a dépassé pour la première fois les 10 000 milliards de yuans (1 210 milliards de dollars), le lancement du vaisseau spatial Shenzhou-3 et le lancement de deux projets monumentaux : le gazoduc d'ouest en est et le projet de dérivation des eaux du sud vers le nord.

Cette Chine dynamique a donné envie à Hélène de rester. Sa décision de « ne pas se précipiter pour rentrer chez elle » l’a conduite à un séjour de 24 ans. Elle a trouvé l’amour en Chine et a élu domicile dans un hutong à Pékin.

« Est-ce que votre famille s'inquiète du fait que vous viviez en Chine ?

« La sécurité publique chinoise est excellente. De quoi faut-il s'inquiéter ? »

Hélène leva le menton, son expression aussi fière que celle de n'importe quel Chinois, souriant comme si celui qui posait la question ne comprenait tout simplement pas.

Pour elle, le dynamisme quotidien de la Chine, sa chaleur humaine, son sentiment de sécurité, ainsi que la confiance et l'inclusion ancrées dans sa culture deviennent une source de réconfort pour le monde.

Après 24 ans en Chine, Hélène a compris la chaleur et le rythme de cette terre. D'observatrice, elle est devenue participante et fait désormais partie de l'histoire de la Chine.

« J'ai grandi aux écuries. J'avais un cheval qui s'appelait Didou et ma compagnie équestre porte son nom. »

Lorsque l'industrie équestre chinoise commençait à peine, Hélène travaillait comme consultante dans des clubs, les aidant à planifier et à gérer leurs activités. Aujourd’hui, elle se concentre désormais sur le « guidage assisté par les chevaux ».

« J'espère aider davantage de gens à se comprendre grâce à l'interaction avec les chevaux. »

C'est le souhait de Li Na pour la nouvelle année du cheval.

Dans les hutongs de Pékin, l'arôme de la viande mijotée emplit l'air tandis que les ménages préparent les derniers préparatifs pour la Fête du Printemps. Le beau-père chinois d'Hélène a écrit à la main deux distiques de la Fête du Printemps pour elle : « Les bénédictions remplissent le printemps, les rêves deviennent réalité en cette époque prospère. »