The Wandering Earth II : Une union heureuse entre la science et le cinéma

The Wandering Earth II : quand la science-fiction devient réalité

The Wandering Earth II (La Terre errante II) est l’un des films de science-fiction les plus ambitieux jamais produits en Chine. Sorti lors du Nouvel An lunaire 2023, il a attiré plus de 20 millions de spectateurs dans le monde en seulement trois jours. Ce résultat exceptionnel repose sur un pari rare : allier rigueur scientifique et spectacle visuel pour raconter l’histoire d’une humanité qui décide de propulser la Terre entière hors du système solaire pour fuir un Soleil mourant.

Un scénario ancré dans la science réelle

Le film est une préquelle de La Terre errante (2019), lui-même adapté de la nouvelle de l’auteur chinois Cixin Liu. Le réalisateur Frant Gwo a voulu que chaque élément du monde futur représenté soit scientifiquement défendable. Pour y parvenir, il a constitué une équipe de 17 scientifiques et 2 producteurs, répartis en cinq groupes disciplinaires.

Ces consultants ont vérifié les faits, proposé des alternatives aux situations invraisemblables et fourni des explications logiques aux défis narratifs. Leur rôle n’était pas purement décoratif : ils ont modifié en profondeur l’intrigue. Lorsque l’équipe de production a conçu une méthode pour détruire la Lune, les scientifiques ont calculé que l’énergie nécessaire équivaudrait à environ 1029 joules, soit un milliard de fois plus que ce qui était initialement prévu. Le scénario a été retravaillé, donnant naissance au Lunar Exile Project et à la méthode de détonation nucléaire en réseau phasé. Ce seul ajustement a entraîné la réécriture d’environ un tiers du script, mais a produit un troisième acte bien plus cohérent.

L’ascenseur spatial, la vie numérique et la base lunaire

Trois concepts scientifiques majeurs structurent le récit de The Wandering Earth II :

  • L’ascenseur spatial : représenté avec un souci de précision physique rare au cinéma, il illustre une technologie que les ingénieurs réels étudient depuis plusieurs décennies.
  • La vie numérique : le personnage de Hengyu Tu, scientifique en intelligence artificielle, et sa fille sont transformés en êtres numériques. Cette fiction interroge directement les recherches actuelles sur l’IA émotionnelle et la conscience artificielle.
  • La base lunaire : sa représentation s’appuie sur les données disponibles issues des programmes spatiaux contemporains, dont la mission chinoise Chang’e.

Le réalisateur et le producteur Geer Gong ont déclaré publiquement : « La construction du monde cette fois est bien plus difficile que prévu. Sans notre équipe de consultants scientifiques, nous ne pourrions certainement pas y arriver. »

Intelligence artificielle : quand le film inspire les chercheurs

La frontière entre fiction et recherche s’efface parfois totalement. Yi Zeng, professeur à l’Académie chinoise des sciences spécialisé dans l’IA inspirée du cerveau et l’éthique de l’intelligence artificielle, a confié que c’est le film Intelligence artificielle de Steven Spielberg (2001) qui l’a orienté vers sa carrière. Après avoir visionné The Wandering Earth II, il a exprimé son enthousiasme :

« Nous pouvons voir ce qu’une IA peut faire pour les humains lorsqu’elle manque d’émotions, comme MOSS dans le film. Mais nous voyons aussi comment les émotions préservées de Hengyu Tu et de sa fille les ont poussés à agir pour sauver la Terre. Cela renforce ma vision de construire des IA dotées d’émotions et respectueuses de l’être humain. »

MOSS, l’ordinateur quantique intelligent fictif du film, soulève des questions que les chercheurs en IA posent quotidiennement : une machine sans affect peut-elle prendre des décisions véritablement alignées sur les valeurs humaines ?

Technologie de capture faciale : une innovation née sur le tournage

La collaboration entre science et cinéma a produit des avancées techniques concrètes. L’équipe du laboratoire MARS de l’École des sciences et technologies de l’information (SIST) de l’Université de ShanghaiTech a travaillé avec l’équipe d’effets visuels MORE VFX pour concevoir Fastage, un nouveau système de capture faciale.

Fastage combine les techniques stéréo multi-vues et stéréo photométriques pour acquérir en temps réel la géométrie faciale et les textures physiques en mouvement rapide. Un algorithme de suivi neuronal a également été développé pour animer les actifs faciaux générés physiquement. Ce dispositif, conçu pour les besoins du film, ouvre des perspectives réelles pour les productions futures et pour la recherche en vision par ordinateur.

La CSST et Sugon : des institutions scientifiques sous les projecteurs

Le film intègre des technologies et institutions scientifiques existantes ou en développement. Lorsqu’un personnage mentionne « les images de la CSST ont été reçues », beaucoup de spectateurs ont cherché ce qu’est réellement la CSST.

Le China Space Station Telescope (CSST) est un télescope spatial optique dont la résolution angulaire est comparable à celle du télescope spatial Hubble, mais avec un champ de vision environ 300 fois plus large. Son objectif principal est de conduire des relevés astronomiques à grande échelle accessibles à la communauté astrophysique internationale. C’est la première fois que le CSST apparaît dans un film de science-fiction en tant qu’outil narratif actif.

Par ailleurs, Sugon, fabricant chinois de supercalculateurs, a intégré ses systèmes de refroidissement par immersion dans le design du fictif Intelligent Quantum Computer 550W. Ce système n’était pas encore officiellement commercialisé au moment du tournage, mais le film en a offert une représentation futuriste convaincante, servant à la fois le récit et la stratégie de marque de l’entreprise.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que The Wandering Earth II ?

The Wandering Earth II (La Terre errante II) est un film de science-fiction chinois réalisé par Frant Gwo, sorti en janvier 2023. C’est une préquelle du premier film La Terre errante (2019), adapté de la nouvelle de Cixin Liu. Il raconte la mise en œuvre du projet Wandering Earth face à un Soleil mourant.

Combien de consultants scientifiques ont travaillé sur le film ?

L’équipe comprenait 17 scientifiques et 2 producteurs, regroupés en cinq groupes selon leurs disciplines. Ils ont participé à la vérification des faits, à la conception des technologies fictives et à la réécriture de certaines séquences pour les rendre scientifiquement cohérentes.

L’ascenseur spatial présenté dans le film est-il réaliste ?

Le concept d’ascenseur spatial est une idée étudiée sérieusement par des ingénieurs et physiciens depuis les années 1990. Dans le film, sa représentation s’appuie sur les principes physiques connus. Sa construction reste hors de portée technologique actuelle, mais le concept n’est pas fantaisiste.

Qu’est-ce que MOSS dans The Wandering Earth II ?

MOSS est le nom donné au système d’intelligence artificielle quantique fictif du film (Intelligent Quantum Computer 550W). Il soulève des questions sur les limites d’une IA dépourvue d’émotions et sa capacité à prendre des décisions conformes aux valeurs humaines.

Qu’est-ce que le CSST mentionné dans le film ?

Le China Space Station Telescope est un vrai projet spatial chinois. C’est un télescope optique dont la résolution est comparable au Hubble, mais avec un champ de vision 300 fois plus grand. Le film est la première production cinématographique à l’intégrer comme élément narratif.

Qu’est-ce que Fastage ?

Fastage est un système de capture faciale développé conjointement par le laboratoire MARS de l’Université de ShanghaiTech et l’équipe VFX du film. Il utilise des techniques stéréo multi-vues et photométriques pour capturer en temps réel les expressions faciales avec une précision physique élevée.

La collaboration entre science et cinéma est-elle courante en Chine ?

Non, elle reste rare. The Wandering Earth II représente l’une des collaborations les plus structurées entre la communauté scientifique chinoise et l’industrie cinématographique. Elle constitue un modèle pour les futures productions de science-fiction en Chine et ailleurs.

Conclusion : un modèle pour la science-fiction mondiale

The Wandering Earth II prouve qu’un film de science-fiction peut simultanément divertir des dizaines de millions de spectateurs et fonctionner comme un vecteur sérieux de communication scientifique. La collaboration entre cinéastes et chercheurs n’a pas seulement amélioré le réalisme du film : elle a produit des innovations technologiques concrètes, renforcé la visibilité d’institutions scientifiques et inspiré une nouvelle génération de chercheurs. Ce modèle mérite d’être étudié et reproduit.

Mis à jour en mai 2026